À propos

Premiers tours de manivelle

Tout a commencé lorsque j’avais environ 17 ans. J’ai donné mes premiers coups de crayon et mes premiers coups de pédale à peu près en même temps. Au Collège Salette, où j’ai suivi ma formation en graphisme, on apprenait toutes les techniques pour être le plus polyvalent possible. L’ambiance y était décontractée et le graphisme, la seule matière enseignée. C’était la joie, plus de maths, de physique, de chimie, que des arts la journée durant.

Plus tard, une fois sur le marché du travail, je parcourais chaque jour une cinquantaine de kilomètres pour me rendre au travail, mais surtout dans le but de m’entrainer. Parfois, je faisais le trajet ma valise de graphiste sous le bras, sans casque et sans tenir les guidons, ce qui serait impensable aujourd’hui. À l’époque, les cyclistes, vêtus d’un cuissard et d’un maillot de laine, étaient peu nombreux sur les routes et passaient souvent pour des extra-terrestres. Il était encore plus étrange d’en croiser un dans l’ascenseur qui conduisait au bureau.

C’était en 1980; l’informatique en était à ses premiers balbutiements et toutes les étapes de la conception graphiste, qu’il s’agisse du lettrage, de l’illustration, des retouches photo, se faisaient à la main. Au début, mon travail, peu stimulant, consistait à monter différents textes sur des planches de carton, qui étaient ensuite photographiées pour former en fin de compte les pages de manuels techniques qui accompagnaient des machines de traitement de texte. Mais ce travail ne dura qu’un certain temps, puisque ces machines dédiées ont été supplantées par les micro-ordinateurs et les logiciels Word et WordPerfect. Je me suis donc retrouvé au chômage.

Vélo, boulot

En 1984, tout en continuant d’accumuler les kilomètres à vélo, je deviens pigiste et me constitue une clientèle fidèle. Ce nouveau style de vie me garantit un salaire et me laisse tout le temps voulu pour « rouler », comme on dit dans le jargon cycliste. J’applique alors les différentes techniques apprises pour réaliser toutes sortes d’éléments publicitaires, du plus simple dépliant, aux emballages de produit, en passant par la retouche photo.

En 1990, en réponse à la pression paternelle, je décide de stabiliser mon mode de vie et j’accepte un emploi au service d’une multinationale où j’ai l’occasion d’apprendre l’illustration technique. Cet emploi vient compromettre mes ambitions sportives, mais m’apporte une certaine sécurité. L’informatique est encore jeune et j’acquiers de l’expérience en infographie. Je ne délaisse cependant pas la plume ni le pinceau, histoire de garder la main.

Des années plus tard, pendant un automne particulièrement gris, je m’inscris à un cours de peinture et j’ai la piqûre pour la peinture à l’huile. J’avais déjà suivi des sessions d’aquarelle, mais aucune passion n’en surgit. Comme on pouvait s’y attendre, le thème de ma première toile fut… le vélo. Depuis, je peins l’effort des cyclistes, ces « forçats de la route » comme les appelait Albert Londres1.

1 Journaliste et écrivain français (né le 1er novembre 1884 à Vichy et mort le 16 mai 1932 dans l’océan Indien). Depuis 1933, le Prix Albert Londres récompense les meilleurs journalistes francophones. (Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Albert_Londres)

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